Espace Albatros
Histoire

Histoire

UN LIEU HISTORIQUE

L’ESPACE ALBATROS EST UN LIEU HISTORIQUE

En 1904, Charles Pathé a déjà bien affirmé son influence dans l’industrie du cinéma, notamment grâce à sa réussite dans l’industrialisation d’appareil de prises de vues et de pellicules. Le cinéaste et directeur de production Ferdinand Zecca lui conseille de fonder un nouveau studio à Montreuil, pour concurrencer la Star Film de la société de Georges Méliès.
Pathé trouve une ancienne écurie située au 52, rue du Sergent Bobillot. Les boxes à chevaux sont transformés en loges, et il construit une grande verrière pour profiter de la lumière naturelle pendant le tournage des films.

La Révolution Russe de 1917 pousse nombre d’artistes à quitter leur pays natal. Le producteur Joseph Ermolieff, responsable de l’antenne Pathé de Russie, déménage en France, avec toute son équipe. Des comédiens prestigieux comme Yvan Mosjoukine et Nathalie Lissenko, le cinéaste Alexandre Volkoff, le producteur Alexandre Kamenka, s’installent donc dans le studio de Montreuil, loué par Pathé Frères. Ces nouveaux collaborateurs créent la maison de production Ermolieff-Cinéma, qui devient la Société des Films Albatros en 1922. Quatre ans plus tard, c’est Alexandre Kamenka qui en assume la direction.

« L’âme de ce mouvement, c’est Alexandre Kamenka, mélange étonnant d’artiste et d’organisateur, de dilettante et de businessman qui entretient ardemment parmi ses collaborateurs cette mystique de l’effort collectif ».
Ciné Magazine, 1926

Le Studio Albatros a sous contrat les différents artistes, comme le font les studios américains. Toutes les étapes de la conception d’un film y sont accomplies, partagées entre tous les artistes.
De 1905 à 1920, le Studio de Montreuil connaît une prospérité certaine. Plus de 1200 films et actualités y sont tournés, et la presse est unanime sur leur réussite.

« On peut lire dans un journal de cinéma qu’il n’est nul besoin d’aller à Los Angeles pour produire des somptuosités ; on fait tout aussi bien à Montreuil ! »

Ciné Magazine, 1926

Quelques productions des Films Albatros

Le Brasier Ardent d’Yvan Mosjoukine et Alexandre Volkoff (1923)
Kean ou Désordre et Génie, d’Alexandre Volkoff (1923)
L’Affiche de Jean Epstein (1924)
Le Lion des Mogols de Jean Epstein (1924)
Casanova d’Alexandre Volkoff (1927)
Napoléon d’Abel Gance (1927)
Feu Mathias Pascal de Marcel Lherbier (1924)
Carmen de Jacques Feyder (1926)
Un Chapeau de Paille d’Italie de René Clair (1927)

Le Studio Albatros aujourd’hui

Les Films Albatros, comme de trop nombreuses maisons de productions, ne survit pas au passage à l’ère du cinéma parlant, et ferme ses portes à l’aube des années 30. Reconverti en usine de métallurgie, puis laissé à l’abandon, il est classé à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1997.

C’est en 2001 que les anciens studios de Charles Pathé reprennent vie. Lucien et Lily CHEMLA  y relancent des activités artistiques. Pour que perdure le souvenir de leur fils, Michaël, comédien, metteur en scène et directeur de la Compagnie du Chameau.

Plasticiens, cinéastes, danseurs, musiciens, comédiens, metteurs en scène peuvent entretenir le second souffle de la vocation artistique de ce site. Et depuis, l’équipe du l’Albatros met tout en œuvre pour développer une action culturelle d’envergure égale à celle des beaux jours de la direction de Charles Pathé.

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